Loft in translation

New York serait-elle devenue un havre de paix ? En entrant dans ce lieu, on serait tenté de répondre oui. Joignant à la perfection l’utile et l’agréable, Yvan Prokesch a transformé cet appartement d’avant-guerre en loft familial et lumineux. Une définition du cocooning à l’américaine, classieuse et sophistiquée.

Sésame, ouvre-toi ! Situé au 14e étage d’un immeuble de Manhattan, cet appartement est bien plus qu’un écrin de raffinement : un lieu à vivre. Parents de deux jeunes enfants, les propriétaires voulaient un home sweet home accueillant et ouvert. Grands espaces, tons clairs, matériaux chaleureux, le défi a été relevé avec brio. Mais pour y parvenir, il aura fallu davantage qu’un sortilège : deux ans de rénovation, pour une réinvention complète de l’endroit.

Edifié au début du XXe siècle, l’appartement était un exemple typique de l’architecture d’avant-guerre : une succession classique de pièces débouchant sur une allée centrale. Une distribution stricte, qui ne convenait plus à une vie de famille moderne. Décloisonner l’espace : tel a été le parti pris de l’architecte, qui a osé un esprit loft dans cet immeuble classé.

La tradition a donc fait le mur, laissant place à une idée ingénieuse : le remplacement des parois existantes par des meubles de rangements en acajou. Çà et là, bibliothèques et armoires animent l’espace, mixant fonctionnalité et esthétisme. Pour renforcer la sensation d’ouverture, le verre prend le relais du bois sur le haut des menuiseries, décuplant ainsi la taille du plafond.

De cette mutation des volumes est née la pièce centrale de l’appartement : un espace à vivre lumineux et ultra-spacieux, où parents et enfants peuvent partager leurs activités. Un lieu aéré, qui trouve son prolongement au-delà des fenêtres, avec une vue imprenable sur Central Park et le Muséum américain d’histoire naturelle.

Conjuguant son travail au passé recomposé, Yvan Prokesch a créé un appartement au carrefour des époques. L’épuré y est le bienvenu, à condition de réhabiliter un certain classicisme. Seuls des matériaux nobles construisent ici le décor, à l’instar du sol en chêne de fil naturel ou de la salle de bain en marbre de Grèce. Mieux qu’une métamorphose, l’architecte a offert à ces lieux une renaissance…

Projet réalisé au sein du bureau Billinkoff Architecture à New York